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La saga des jeux vidéo - Daniel Ichbiah

                                 



On ne présente plus Daniel Ichbiah. Journaliste émérite aux publications diverses et variées : Brassens, Bill Gates, Madonna ou encore les Rolling Stones ont fait partie de ses sujets d’investigation. Il s’est également attaqué au domaine romanesque via des livres comme Les banquiers du temps ou Tremblez DJ’s !

La première version de La saga des jeux vidéos est parue en 1997 sous le titre Bâtisseurs de rêves, Enquête sur le nouvel Eldorado des jeux vidéo. Douze années après, ce livre a subi nombre de mises à jour, relatant notamment la saga Playstation et bien évidemment des composantes incontournables de ce média tels Les Sims, World of Warcraft ou encore la Wii.

Cet ouvrage n’est pas à proprement parler une histoire du jeu vidéo, et ce n’est pas anodin si Ichbiah a savamment opté pour le terme de ‘saga’ : car il traite par le menu de plusieurs phénomène voire plusieurs familles vidéoludiques. Ainsi pourrait-on même traiter ici de sagas : Atari, Nintendo, Sega, Sony… Les différentes firmes étant ainsi présentées de façon chronologique.

Les quelques quarante années d’exploitation de la ‘chose’ vidéoludique sont ainsi passées en revue via Pong, Super Mario ou encore Sonic. Car c’est souvent (pour ne pas dire presque constamment) en partant d’un titre qu’Ichbiah retrace l’itinéraire d’une enseigne (Sonic –Sega, Super Mario-Nintendo) ou encore les caractéristiques d’un phénomène (Doom, World of Warcraft, Les Sims).





                



Cet ouvrage se décompose en huit parties. Du succès de Bushnell et d’Atari à la ‘révolution’ opérée par la Wii, nombreuses sont les anecdotes permettant d’en savoir long sur chacun des phénomènes qui ont fait l’histoire du jeu vidéo. Naissance de Myst, couacs de Sega, l’émergence du FPS, Ichbiah nous fait évoluer dans un domaine qui émerge, se découvre puis finit par s’imposer au sein des divertissements mais également de toute une culture. En marge de cette énumération d’anecdotes, Ichbiah traite en filigrane l’itinéraire de Philippe Ulrich (L’Arche du Capitaine Blood, Dune…). L’histoire de ce créatif français est ainsi passée en détail ce qui ne manque pas d’intérêt, bien au contraire, mais une telle orientation saura en déconcerter plus d’un. C’est là le genre de choix qui déroute dans la mesure où l’on en saura long sur le fondateur de Cryo alors que l’on n’apprendra rien sur d’autres jeux assez incontournables. Pour prendre un exemple, Ichbiah ne traite pas de Street Fighter 2 ou encore du jeu de combat en général. Etonnant quand on sait à quel point ce genre de jeu fut incontournable au début des années 90. Simple question de choix.

Les pcistes seront toutefois ravis de savoir que ce livre retrace en grande partie l’histoire des jeux développés pour les ordinateurs, parmi ceux-là on compte notamment Sim City, Myst ou encore Alone in the Dark.

 D’autre part, on pourrait regretter que les sources soient si peu exhaustives et les quelques coquilles d’ordre typographique ne manqueront pas de se faire remarquer ; quoiqu’il en soit, il serait mal avisé de se passer de cette lecture que tout passionné de jeu vidéo se doit d’effectuer. Véritable mine d’informations et ouvrage culte s’il en est, La Saga des jeux vidéos se pose comme un livre incontournable en matière d’histoire du jeu vidéo et son éditeur Pix n’love est, depuis quelques temps, en passe de devenir l’éditeur de référence en matière d’histoire vidéoludique, et rares sont-ils dans ce domaine à pouvoir prétendre à une telle pérennité

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