Accéder au contenu principal

La double vie des super-héros - Les Inrocks

 
Les amateurs de comics seront ravis d’apprendre que Les Inrocks viennent de publier un numéro hors-série intitulé La double vie des super-héros, et ce, principalement en l’honneur du duel au sommet entre les deux blockbusters estivaux que constituent The Amazing Spider-man et The Dark Knight Rises. En outre, la rédaction d’un tel numéro fut probablement motivée également par la notoriété populaire sans équivoque que sont en train de connaître les super-héros (notamment à travers l’hexagone), ceci étant dû notamment aux nombreuses adaptations cinématographiques d’ample envergure de ces dernières années. Car outre les X-men et autres Avengers ayant connu un franc succès sur grand écran, il est notable que des héros comme Batman (dont le reboot[1] des aventures signé Christopher Nolan dès 2005 a été assez unanimement acclamé), Spider-man (dont le reboot, à peine dix ans après le premier épisode signé Sam Raimi, est déjà en salle), ou encore, Superman (qui, avec une série à succès – Smallville – et un film à venir en 2013, reste très présent, même s’il est moins tendance) sont plus que jamais omniprésents. D’ailleurs, Dargaud ne s’y est pas trompé en récupérant les droits de DC Comics (appartenant auparavant à Panini Comics) et en créant sa propre édition, Urban Comics, dans l’optique de s’imposer sur le marché de la bande-dessinée de super-héros. La revue DBD consacrait d’ailleurs, dans son numéro de mars[2],  un dossier riche et pertinent sur le sujet tout en revenant sur l’histoire du comic book.



La ligne éditoriale de cet hors-série est, comme son titre l’indique, d’étudier les rapports qu’entretiennent les super-héros tant avec le neuvième art qu’avec le septième, ou plus précisément, il s’agit ici d’observer la façon dont le cinéma s’est accaparé un pan de la culture populaire américaine que constituent les comics. Ce faisant, la rédaction revient logiquement sur l’histoire de ce genre de bande-dessinée tout en esquissant la genèse des figures les plus emblématiques des univers Marvel, DC, ou encore Fawcett Comics. Les différents âges de ce domaine sont ainsi référencés (Golden, Silver…) et on retrouve un petit inventaire présentant les super-héros les plus marquants de l’histoire. D’autre part, la revue dresse un bref portrait de deux des figures les plus emblématiques de ces dernières décennies en termes de création, à savoir Alan Moore et Alex Ross.



Les Inrocks reviennent également sur les diverses adaptation cinématographiques qu’ont pu engendrer les super-héros. Ainsi, sont évoquées les sagas de Spider-man signées Sam Raimi et Mark Webb (un nom comme ça, ça ne s’invente pas). Batman est également mis à l’honneur, compte tenu du nombre pour le moins conséquent de films que cette licence a engendré, qu’il s’agisse des sublimes productions de Tim Burton, des massacres en règle de Joël Schumacher ou encore des très réussis épisodes signés Nolan. Et que dire de Superman qui, campé par Christopher Reeves, a connu quatre épisodes sortis de façon régulière. Suite à un épisode orphelin et quelque peu décalé de Bryan singer en 2006 (Superman returns), un reboot (une fois encore) signé Zack Snyder (l’amoureux de comics qui avait déjà réalisé les adaptations de 300 et de Watchmen, excusez du peu) devrait paraître en juin 2013 et s’intituler Superman : Man of Steel.



Les comics ont également fait des émules en matière de séries – la surannée série Batman(1966), ou encore la très Kitch consacrée à Hulk – sans compter les nombreux dessins animés. On peut également incarner nombre de super-héros sur consoles de jeux vidéo, qu’il s’agisse de l’excellent Batman Arkham city (Rocksteady), du très bon Marvel Vs. Capcom 3 (Capcom) ou encore de Mortal Kombat Vs. D.C. Universe (Midway). La rédaction des Inrocks revient également sur les divers traitements artistiques qu’ont pu engendrer ce genre ainsi que les évolutions du ‘milieu’ des super-héros, en abordant notamment la question de la sexualité (et notamment de l’homosexualité) et celle de la couleur de la peau (avec une planche du très original Superman Vs. Muhammad Ali pour illustrer ce thème). Cet ouvrage propose enfin une sélection bibliographique des œuvres les plus incontournables en la matière (Watchmen, Kingdom Come, Batman – Année un…).
Malgré un format assez restreint, Les Inrocks, via La double vie des super-héros, honore la pratique du ‘hors-série’ en proposant un panorama riche et une approche très intéressante de l’univers des super-héros, ajoutez à cela de nombreuses illustrations et vous obtenez là un livre tout désigné pour tout amateur de comics, bande-dessinée ou pop culture, tout simplement.



[1] Le ‘reboot’ (‘redémarrer’ en anglais) est un procédé qui vise à reprendre une série depuis les origines tout en en proposant une nouvelle lecture (ou version). Ce procédé existe aussi bien dans le domaine du cinéma, des jeux vidéo ou encore des séries télévisées. A ne pas confondre avec le ‘remake’ qui propose la même lecture de l’œuvre originelle tout en la remettant au goût du jour.
[2] DBD 61, God save the comics, mars 2012.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Les derniers jours de Stefan Zweig - Sorel, Seksik

En étant un peu sarcastique, on pourrait considérer que le principal défaut de Stefan Zweig a été d’embrasser la cause humaniste à une époque où l’humain était remis en question compte-tenu des barbaries perpétrées. Pour cet homme qui fut, rappelons-le, un des plus grands écrivains de la première moitié du XXe siècle - orientant son œuvre sur la psychologie de ses personnages – il fallait fuir, au regard de ce qu’il se passait dans le pays qui l’a vu naître. Mais avec elle, c’est bien l’ensemble de l’Europe qui est en train de brûler tant au sens propre qu’au sens figuré.
L’exil fut, pour cet homme le dernier recours pour ne pas sombrer. L’Amérique est alors une destination de choix pour délaisser un continent fangeux avec ses idées dans la boue . Après avoir goûté au crachin londonien et quitté New York à contre cœur, c’est au Brésil qu’il trouve un simulacre de havre de paix, un monde chaleureux. En apparence, du moins, car Zweig ne néglige pas les horreurs qui se trament de l’autre…

La Grande Odalisque - Vivès, Ruppert et Mulot

« Tu fais quoi dans la vie, Alexandra ? -Moi ? Pas grand-chose. Des bêtises. -« Des bêtises ? » Mais c’est génial comme métier. C’est exactement le plan de reconversion professionnelle qu’il me faudrait… Tu embauches ? » Alors qu’il continue de briller chez Shampooing en publiant ses notes de blog sous des thématiques bien précises (« Le jeu vidéo », « L’amour »…), Bastien Vives se joint à Ruppert & Mulot afin de s’offrir un trip à la Cat’s Eyes.
Pour tous les trentenaires qui ont fait leurs dents sur les dessins-animés du Club Dorothée, « Cat’s Eyes » (créé par Tsukasa Hojo, auteur également de « City hunter ») renvoie aux premiers émois libidinaux ressentis par le prisme d’un poste de télévision. A l’instar de Wonder Woman (campée par la délicieuse Lynda Carter) ces filles aux collants moulant jouant les cambrioleuses de charme ont émerveillé plus d’un bambin, à commencer par moi. Quand on a dix piges, impossible de ne pas avoir les yeux exorbités face à ces corps aux courbes lasci…

Éloge de la masturbation - Philippe Brenot

Ah, la masturbation, sujet tabou, et pourtant pratique au combien répandue... Paru il y a maintenant une dizaine d'années, cet Eloge de la masturbation tend à réhabiliter voire même vanter cet acte devenu somme toute assez commun en ce début de XXIe siècle mais dont l'approche a considérablement évolué au fil du temps.


La sexualité ayant été tabou des siècles durant, on ne s'étonnera pas du fait que l'autoérotisme et sa manipulation la plus fétiche eurent droit à des réprimandes bien corsées. Terme vraisemblablement apparu pour la première fois sous la plume de Montaigne, la masturbation va devoir son caractère impie à la découverte par Leeuwenhoek en 1677 de spermatozoïde dans le liquide seminal masculin. De fait, l'intégralité des médecins du XVIIIe siècle visera à condamner cette pratique, Brenot évoque ainsi une croisade "légitimée par une très grande peur, celle de la fin du monde, et le fantasme de la destruction de l'humanité, lorsque l&#…