Accéder au contenu principal

The Arms Peddler - Nanatsuki, Kyôichi.



Délaissé dans le désert, du sable au bord des lèvres et sur les plaies, Sona traîne sa carcasse de gosse décharné. C’est à l’article de la mort qu’apparaît Garami, sublime marchande d’armes aux formes voluptueuses et au tempérament sans concession.

Sona se remémore alors les corps de sa famille massacrée, sa petite sœur empalée, sa mère violée, dont les yeux pleins de larmes sont restés ouverts jusqu’à son dernier soupir. Contre un peu d’eau et de mansuétude, Garami sauve Sona d’une mort certaine. Cependant, il serait naïf de considérer la marchande d’armes comme une âme charitable puisque ce geste coutera à Sona 100 pièces d’or. Le jeune garçon devra donc rester en compagnie de la jeune femme jusqu’à ce qu’il s’acquitte de sa dette. Qu’à cela ne tienne, de toute façon, il lui faudra apprendre les arcanes des armes à feu s’il veut venger la disparition de sa famille.


L’histoire de The Arms Peddler se passe dans un monde fantastique dans lequel les corbeaux spectraux se repaissent de cadavres afin de les faire passer dans l’autre monde et où les nécromanciens peuvent se jouer des morts afin de lever une armée de zombies. On trouve également dans ce manga des monstres, vampires, rituels et autres superstitions. Kyoichi Nanatsuki ne s’épargne aucune créature fantastique ce qui rend l’ensemble des aventures de Sona et Garami riches en rebondissements. L’aventure se découpe en plusieurs morceaux, ce qui permet tant au lecteur qu’au protagoniste principal d’aborder plus en profondeur le monde qui l’environne mais également d’apprendre les subtilités propres à la fonction de marchand d’armes. Au fil de l’histoire, on en apprend un peu plus sur l’énigmatique Garami qui, outre le fait d’être marchande d’armes, semble également être une puissante guerrière.

Histoire originale servie par un dessin très soigné, The Arms Peddler est une saga d'excellente facture destinée cependant à un public averti (nus, violence). Les mangas de cette qualité (surtout dans le domaine de la dark-fantasy) sont suffisamment rares pour que l’on s’abstienne de passer à côté. The Arms Peddler fait d’ores et déjà partie des mangas cultes.

 (série en cours qui compte déjà 3 volumes chez Ki-oon. 7, 65 euros le tome.)

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Les derniers jours de Stefan Zweig - Sorel, Seksik

En étant un peu sarcastique, on pourrait considérer que le principal défaut de Stefan Zweig a été d’embrasser la cause humaniste à une époque où l’humain était remis en question compte-tenu des barbaries perpétrées. Pour cet homme qui fut, rappelons-le, un des plus grands écrivains de la première moitié du XXe siècle - orientant son œuvre sur la psychologie de ses personnages – il fallait fuir, au regard de ce qu’il se passait dans le pays qui l’a vu naître. Mais avec elle, c’est bien l’ensemble de l’Europe qui est en train de brûler tant au sens propre qu’au sens figuré.
L’exil fut, pour cet homme le dernier recours pour ne pas sombrer. L’Amérique est alors une destination de choix pour délaisser un continent fangeux avec ses idées dans la boue . Après avoir goûté au crachin londonien et quitté New York à contre cœur, c’est au Brésil qu’il trouve un simulacre de havre de paix, un monde chaleureux. En apparence, du moins, car Zweig ne néglige pas les horreurs qui se trament de l’autre…

Éloge de la masturbation - Philippe Brenot

Ah, la masturbation, sujet tabou, et pourtant pratique au combien répandue... Paru il y a maintenant une dizaine d'années, cet Eloge de la masturbation tend à réhabiliter voire même vanter cet acte devenu somme toute assez commun en ce début de XXIe siècle mais dont l'approche a considérablement évolué au fil du temps.


La sexualité ayant été tabou des siècles durant, on ne s'étonnera pas du fait que l'autoérotisme et sa manipulation la plus fétiche eurent droit à des réprimandes bien corsées. Terme vraisemblablement apparu pour la première fois sous la plume de Montaigne, la masturbation va devoir son caractère impie à la découverte par Leeuwenhoek en 1677 de spermatozoïde dans le liquide seminal masculin. De fait, l'intégralité des médecins du XVIIIe siècle visera à condamner cette pratique, Brenot évoque ainsi une croisade "légitimée par une très grande peur, celle de la fin du monde, et le fantasme de la destruction de l'humanité, lorsque l&#…

Angot par Libération, le glauque et l'inceste comme littérature branchouille

On le sait, la presse écrite va mal. Et quand elle n’écrit pas mal ou vite, il n’est pas rare de se trouver en présence de Unes quelquefois racoleuses afin d’attirer le chaland. Pour son numéro du 4 septembre 2012, Libération n’a pas manqué d’audace en considérant, en première page, le dernier livre de Christine Angot « Une semaine de vacances » comme étant rien de moins que « Le chef-d’œuvre de la rentrée ». Faisant fi des romans ayant le vent en poupe lors de cette rentrée littéraire (Deville, Adam, etc.) ou des auteurs plus discrets (Louise Erdrich, Richard Powers, Jim Harrison) ce quotidien décide de frapper un bon coup dans la fourmilière et consacre pas moins de quatre pages à l’auteure afin de légitimer les éloges concernant son dernier ouvrage. Seulement, la fourmilière a déjà maintes fois été maltraitée et lui rejouer sempiternellement le coup du livre qui choque ne fait plus vraiment son effet.
Car les termes ‘Angot’ et ‘polémique’ sont tellement liés l’un à l’autre que les é…